Le Bonheur retrouvé



Il faut passer par des étapes bien douloureuses pour goûter au bonheur. C’est là un topos bien connu, celui de l’obscurité et de la lumière, du bien et du mal, du ying et du yang.
J’ai appris ces deux dernières années, que le bonheur ne se contrôle pas, qu’il ne se force pas. Se persuader qu’il existe, qu’il est là, tout près, presque palpable… C’est être aveugle. La quête du bonheur rend aveugle. J’ai été aveugle… J’ai voulu forcer mon bonheur, forcer le destin, me persuader que j’étais heureuse et le serai toute ma vie. C’était là folie. J’étais comme ces hommes enchaînés dans une caverne, face à un mur. Tout ce que je voyais n’étais que fantasmes, illusions, déformation de la réalité.
Puis mes sauveurs sont arrivés, me tirant vers la lumière, hors de cette morne et toxique caverne. L’œil ne s’accoutume que difficilement à la lumière étincelante du soleil… Il a fallu deux ans aux miens pour regarder l’astre stellaire en face. J’ai souvent voulu y retourner, dans cette caverne, j’ai voulu m’y engouffrer, tête bêche, la réalité était dure, trop dure, j’étais prisonnière. J’étais malheureuse. Tourments, tristesse, pleurs, douleur… Mais étrangement il est plus facile de subir son malheur et de faire semblant, de se convaincre d’un bonheur fictif, que d’oser défier la douleur. Ces sauveurs, ces piliers, m’ont soutenue. Ils m’ont soulevée quand je tombais, ont séché mes larmes quand je pleurais, m’ont écouté quand je doutais, mais surtout ils n’ont pas opiné du chef quand je leur tenais tête. Ils ont tout fait pour me confronter à ma douleur, pour me faire prendre conscience du mal qui gangrénait mon cœur. J’ai alors senti ce mal, et ils m’ont soignée. Par des actes, par des paroles, par leur présence, par leur amour.
Verus amicus, amore more ore re cognoscitur.
L’amour, c’est alors que j’ai compris ce qu’il était vraiment. L’amour se donne, il ne se réclame pas. L’amour se donne, il ne réclame rien en retour. Ce sont mes proches, qui m’ont appris l’amour, mais qui m’ont surtout appris que j’y avais droit. Alors j’ai commencé à rêver. Puis j’ai voulu que le rêve devienne réalité. Pour cela, je devais m’émanciper de la douleur, et je le pouvais, maintenant que j’en avais pris conscience. Alors je l’ai fait, j’ai osé dire que je n’étais pas heureuse, j’ai osé dire que je n’éprouvais aucun bonheur… et la parole a mis fin à mon malheur. La parole a ce pouvoir, la parole est performative, j’ai dit « c’est fini », et tout s’est arrêté. Et tout a commencé.
Je n’ai plus à faire semblant, car maintenant émancipée, je ressens un réel bonheur. La liberté, la joie de vivre, penser à moi-même, devenir moi-même ! Devenir une femme, la femme que j’ai toujours voulu être, la femme qui sommeillait en moi, toute meurtrie ! Elle commence à vivre, je commence à vivre cette nouvelle vie. Elle est pleine de surprises, je suis pleine de surprises, pour moi-même, pour les autres aussi je l’espère. Je ne suis plus un « nous », le « nous » n’a jamais existé, il s’écrasait sous « lui ». Je suis Moi, et pour Moi ! J’ai fait face à la douleur, face aux excès, je suis forte. Oui j’ai découvert que je suis forte, que je suis courageuse, que je suis étonnante ! Il en sera ainsi de toute cette nouvelle vie, je saurais faire face, m’imposer, toujours avec le sourire de ce bonheur retrouvé ! Je vis ma liberté, je vis... Je suis heureuse, et le soleil maintenant, n’est plus haut dans le ciel, éblouissant mes yeux... Il est en mon cœur.

Joanne, 
Laurianne, 
Laura,
Lynda,
mais vous aussi Papa et Maman, 
Will, 
Kevin… 
et toi Djoudi qui m’a soutenue au moment fatidique alors que tu me connaissais à peine… 
Merci, vous êtes mon bonheur retrouvé.

Sofanie

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