Semaine Antiquité

Petit manuel de campagne électorale

 

  Auteur : Quintus Cicéron 
                             Édition : Arléa                                             
Collection : Arléa poche
Pages : 93
ISBN : 978-2869592858

Quatrième :

 Moins connu que son aîné Marcus Tullius, Quintus Cicéron apporta à son frère, qui se lançait dans la politique, son expérience du "terrain". On pourrait sous-titrer ce manuel L'art de conquérir des voix ou encore : L'art de la démagogie. Frisant le cynisme, Quintus énumère en effet toutes les "ficelles" d'une campagne réussie. Comment manifester à chacun une "vraie" sollicitude, comment se constituer une clientèle d'obligés reconnaissants... Si Quintus Cicéron ne s'embarrassait pas de scrupules, la méthode avait du bon puisque Marcus Tullius fut élu. En réponse à son frère Quintus, on trouvera de Marcus une brillante leçon sur L'Art de gouverner une province. « Candidats néophytes et hommes politiques chevronnés trouveront dans ce texte de judicieux conseils pour remporter les élections, du rôle de la poignée de main à la nécessité d'avoir des amis riches, en passant par les vertus du mensonge. »

A priori...

Une fois n'est pas coutume, ce livre m'a été conseillé par ma tutrice de stage. Je me suis lancée parce que je ne connaissais que Marcus Cicéron, son célèbre frère, et puis je trouvais ça sympa en période d'élection.  

Au fil de la lecture...

Enfin on en vient au faîte de cette semaine spéciale : voici une vraie lecture en provenance de l'Antiquité. C'est toujours un pur bonheur de s'y plonger... Tu pourras être sûr.e., avec un texte ancien, de trouver un style très construit. Le livre est constitué de deux lettres, la première de Quintus, la seconde de Marcus, et présentent toutes deux une réflexion sur la politique. Les remarques sont grisantes de modernité ! J'ai beaucoup ri à cette lecture.  Mais surtout, ce petit manuel donne tout de même une idée de la politique de l'époque, encore une fois on voit un peu toutes les ficelles, tous les revers qu'on voit difficilement d'ordinaire. Tu verras aussi se dessiner la mentalité de nos chers Romains et leurs mœurs : Quintus met en avant l'importance de l'hospitalité (il est très souvent question de réceptions), celle de se montrer en publique au forum, l'amitié, et bien d'autres.
Il m'est un peu difficile d'expliquer plus en détails ces courtes lettres, le seul conseil que je peux te donner, c'est de te lancer !

Citations :

- Puisque tu vises le plus haut poste de l'Etat et que tu es conscient des ambitions qui contrarient les tiennes, il faut que tu fasses preuve de méthode, de soin, et de vigilance dans ton activité.
- Que chacun de tes intimes, chaque homme de ta maison, t'aime et soit désireux de ta complète réussite, voilà à quoi il te faudra œuvrer essentiellement.
- [au sujet de la flatterie] ... vice ignoble mais qui, dans une campagne, devient qualité indispensable.

Ce qu'il m'en restera...

Une lecture très sympa, un point de vue que je n'avais encore jamais rencontré... à vrai dire, question littérature antique, je m'intéresse très (trop?) peu à la politique, mais ce petit manuel ne m'a pas ennuyée ou fatiguée. Je te le conseille donc si tu veux connaître cet aspect précis de l'antiquité. Bien sûr, ce n'est pas le plus connu des auteurs, mais pour entrer dans cet univers progressivement, je pense que ça peut faire une très bonne première lecture.

Pour conclure :

Les plus : format court, correspondances possibles avec notre époque (ah on n'a rien inventé...)
Les moins : honnêtement l'ami.e., je n'en vois pas ! Peut-être des phrases trop longues et chargées pour qui n'est pas habitué.e. à ce style

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