LA découverte !


Les Oiseaux Bleus


 


Auteur : Catulle Mendes
 Edition : Le chat rouge     
Collection : Pourpre et Or
       ISBN-13 : 978-2-916202-14-3







Quatrième :
Dans ces Oiseaux Bleus, vous vous souviendrez longtemps de cette Belle au bois rêvant : déçue par le prince venu la réveiller, elle lui tourne le dos et se rendort aussitôt. Au menu des autres histoires : un prince anorexique, une fée raide dingue d'un poète, un jardin de bonnets, une fleur qui chante, un oiseau fait de pierreries vivantes, une princesse qui se change en homme le soir de ses noces, deux étranges naturistes au Bureau des Objets Trouvés, des fées cruelles, une reine moche comme une verrue, une autre odieuse comme Folcoche, une lilliputienne, de la neige qui prend feu, une fée prostituée, une aile qui a perdu son ange, un bûcheron tueur en série, Brocéliande victime d'un projet immobilier, des amours contrariées ou provoquées, des rires des pleurs, et la magie des bonheurs d'expression. Que se passe-t-il quand une fée rencontre un poète ? Cela donne ce livre enchanté que la postérité a oublié : Les Oiseaux Bleus (1888) de Catulle Mendès (1841-1909). Écrit dans une langue simple et directe, ce recueil de contes de fées éblouit par sa modernité, et sa cruelle drôlerie… Métamorphose, magie, incertitude sexuelle, amour, ironie, tendresse, boue et glamour, voilà bien de quoi vous fournir de sérieuses, mais délectables, insomnies. D'une telle lecture, vous ressortirez grandis, et plus que jamais, amoureux de la vie.

A priori…
Il y a deux raisons qui m’ont poussée à lire ce livre… Tout d’abord, c’est un recueil de contes. J’y ai vu l’occasion d’une lecture « détente », le plaisir de retomber en enfance pour quelque temps, dans un univers plein de fées. J’aimais bien, surtout, l’idée de découvrir un ancien auteur oublié. Oui je vis dangereusement, je sais ! Non sérieusement, entre nous, ça ne t’est jamais arrivé d’avoir comme un sentiment de fierté au moment où tu découvres, au milieu de plein de livres, un auteur que le temps a effacé ? C’est un peu comme découvrir un trésor vieux de plus d’un siècle, et tu n’as qu’une hâte, c’est d’ouvrir le coffre pour voir ce qui s’y cache…

Au fil de la lecture…
J’ai aussitôt plongé dans l’univers auquel je m’attendais, plein de féérie ! Il sera bien sûr difficile de te faire un résumé : c’est un recueil, donc les contes, plus ou moins longs, s’enchaînent, se succèdent… et voilà qui rend la lecture des plus agréables : tu n’as finalement pas le temps de t’ennuyer parce que tu passes très vite d’une petite histoire à une autre. Bon, tu me diras « c’est un peu ce qu’on attend d’un RECUEIL ». Ah, l’art et la manière d’enfoncer des portes ouvertes… Mais ça reste le principal point à souligner, car ça rend le livre rapide à lire, et je pense même que l’on peut jouer avec ce format. Pas d’obligation de tout lire d’une traite, on peut se garder le plaisir de l’ouvrir entre deux romans, comme une petite pause. Ce genre de recueil se savoure aussi sur le long terme, par un jeu de sélection.
La deuxième qualité, et pas des moindres, est sa modernité ! Oui, j’ai bien dit modernité. On garde le principe du conte avec sa moralité en fin d’histoire etc., mais les récits sont très frais. La belle refuse de partir avec son prince charmant parce qu’elle préfère ses rêves, Puck travaillant comme « ramasseur de bonnets », un prince qui refuse de manger toute nourriture humaine… Les sujets sont très variés et, malgré une certaine solennité d’écriture et d’univers, il y a un humour notable dans certains de ces contes. Ne t’attends pas à rire à pleines dents hein, tout est en subtilité…. Je pense même que la subtilité est le maître-mot, le style est sobre mais d’une grande poésie. Il y a une grande réflexion sur les mots, l’écriture et la poésie. De la même façon, la préface de  Gérald Duchemin est très intéressante parce qu’elle éclaire la vie de cet homme si peu connu, mais donne aussi une réflexion sur le genre et une analyse utile sur l’œuvre.

Citations :
  • « Si tu veux savoir la vérité, écoute »
  • (beauté et amour) « Nous avons perdu, dirent-ils, le respect et l’adoration que la race humaine nous avait vouée »
  •   « C’est qu’il était un de ces pauvres êtres – tels sont les poètes ici-bas – trop purs et pas assez, trop divins pour partager les festins des hommes, trop humain pour souper chez les fées »
  • « Le poète qui passe a pour devoir de recueillir ce qui demeure de la joie humaine, cette tristesse qu’est comme la vie des choses heureuse ; et, après, il en fait des vers. »

Ce qui m’en restera…
Voilà un livre complet : à la fois une lecture intéressante, agréable, et un sens certain de la beauté. En bref, une lecture que je conseille vivement à tous les amoureux de contes et de féérie ! Après quelques recherches, j’ai pu voir que la même édition a publié un autre recueil de Catulle Mendes : le Rose et le Noir. Je pense qu’en lisant ça, une lumière s’est aussitôt allumée au-dessus de ta tête : je compte bien me le procurer en effet ! Il est juste dommage que cette édition soit un peu chère et un peu difficile à trouver, il va falloir commander. Le travail fait sur l’édition est quand même super !

 Pour conclure :
Les plus : le format malléable, le style poétique
Les moins : édition pas facile à se procurer… il faudrait remettre cet auteur au goût du jour !

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