Rebecca



      
                     Auteure : Daphné du Maurier
            Edition : Albin Michel 
Pages : 535
                         ISBN 13 : 9782226314772










     Quatrième de couverture :
Une longue allée serpente entre des arbres centenaires, ma brume s’accroche aux branches et, tout au bout, entre la mer et les bois sombres, un manoir majestueux : Manderley, le triomphe de Rebecca de Winter, belle, troubante, admirée de tous. Un an après sa mort, son charme noir hante encore le domaine et ses habitants.
La nouvelle épouse de Maxim de Winter, jeune et timide, pourra-t-elle échapper à cette ombre, à son souvenir ?
Immortalisé au cinéma par Alfred Hitchcock, le chef-d’oeuvre de Daphné du Maurier a fasciné depuis sa parution plus de trente millions de lecteurs à travers le monde. Comme Les Hauts de Hurlevent ou  Jane Eyre, Rebecca est devenu un des mythes de la littérature.

     A priori…
J’ai découvert ce roman dans une vidéo de Margaud Liseuse, et sa chronique m’a aussitôt donné envie de lire. Ni une ni deux, je me suis précipitée en librairie pour l’acheter, et j’étais très enthousiaste à l’idée de cette lecture. Je ne me suis posée absolument aucune question. Je n’avais qu’une hâte : me plonger dans l’univers quelque peu étrange et sombre de Manderley.

     Au fil de la lecture…
La lecture ne m’a absolument pas déçue. J’ai, dès le début, été emportée par un style très agréable à lire parce que fluide, mais pour autant très construit. Le roman s’ouvre sur une très belle description du domaine, qui fait rêver, mais vous donne aussi des frissons dans le dos ! Autant vous dire que l’atmosphère qui s’en dégage se prêtait très bien au mois d’octobre, Halloween etc.
Certain pourraient trouver le début un peu long. Pour ma part, je pense que les premières pages sont fondamentales : la rencontre pose aussitôt (et malgré elle), une tension très intéressante entre Max et la jeune femme (eh oui, on ne connait pas son nom !). Une attirance indéniable, mais un Max on ne peu plus songeur, ce qui le rend distant. On comprend donc vite que quelque chose, dans le passé de ce charmant homme, va poser problème, même si l’on sait d’entrée de jeu qu’il vont bien se marier. Demande un peu rapide d’ailleurs, et risible. Risible parce que trop légère, et la jeune femme, qui rêve tellement de conte de fée, en cherche des prismes dans chaque mot, chaque acte… Elle semble parfois un peu désespérée.
Désespérée mais attachante. Depuis le début, elle cherche sa place. Voici un personnage comme vous et moi, avec ses rêves, ses doutes etc. Son arrivée à Manderley n’arrange pas les choses : malgré son enthousiasme, sa relation avec Max prend une nouvelle tournure. La pensée de Rebacca est omniprésente, et ce, dans tous les aspects du quotidien. La nouvelle épouse se démène pour rester fidèle à elle-même, tout en essayant de plaire comme Rebecca plaisait à l’entourage. Mais elle est très gauche, et parfois, elle m’a énervée ! A trop vouloir en faire, elle fini par ne rien faire. Elle est toujours paralysée par sa peur des mondanités, sa peur de ne pas être à la hauteur, et elle fini par en être ridicule. Le tout rend les dialogues très plat : quand on lui parle, elle a tendance à ne répondre que par des mono-syllabes. Alors les « oui », « non », ou les « tout à fait », « excellent » (et j’en passe et des meilleurs), finissent par vite lasser. Si j’avais été en face de cette jeune femme, je l’aurai pris par les épaules et secouée un bon coup !
Enfin, vint le moment où, après maintes mondanités, le noeud vous cloue le bec. Quelques indices sont semés au fil de la lecture, mais sans que vous ne puissiez vraiment les analyser, puis tout prend sens. Je ne m’y attendais pas, et qu’elle surprise ! Les personnages changent, notre jeune épouse prend du poil de la bête, et je m’en sens mitigée. Je tend entre compréhension et horreur, mais j’adore ça, j’adore ce sentiment, juste parce que c’est inattendu.
Je me sens également mitigée en ce qui concerne la fin : douce-amer, et j’aime que le « happily ever after » ne soit pas évident, mais… je ne comprend pas trop l’image de fin. Elle aurait mérité d’être un peu développée.

     Ce qui m’en restera…
Ce fût une merveilleuse découverte. Je suis tombée sous le charme d’une plume des plus délicates, et d’une intrigue bien ficelée. Daphné du Maurier m’a séduite, et j’ai envie de découvrir d’autres de ses oeuvres (bien joué, Daphné !). Cependant… je veillerai au genre de ses autres écrits. Eh oui, les romans à tendance « policier », ce n’est pas ma tasse de thé. Ici ça ne m’a pas dérangée, parce que le tout était englobé dans une aura mystérieuse, et l’intrigue policière ne surgit qu’à la fin du deuxième tiers environ. Donc, un roman policier, ok, mais plus, non merci ! C’est un genre dont le schémas narratif est un peu trop « répétitif » à mon sens, et qui ne me transporte pas : j’ai tendance à y chercher uniquement le dénouement, plutôt que profiter de la promenade littéraire.
Je finirai en disant que je regarderai, dès que possible, le film qu’en a fait Hitchcock, en espérant qu’il éclairera un peu la fin, surtout.

     Pour conclure…
Les plus : le style, les descriptions, la narration à la première personne
Les moins : le manque de profondeur des dialogues, la fin un peu floue

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