Un peu d'histoire


L’espionne


           Auteur : Paulo Coelho       
              Edition : Flammarion             
               ISBN-13 : 9782081395657
                                   





 
Quatrième :
Arrivée à Paris sans un sou en poche, Mata Hari s’impose rapidement comme une danseuse vedette du début du XXè siècle. Insaisissable et indépendante, elle séduit le public, ensorcelle les hommes les plus riches et les plus puissants de l’époque. Mais son mode de vie flamboyant fait scandale et attire bientôt le soupsons tandis que la paranoïa s’empare du pays en guerre. Arrêtée en 1917 dans sa chambre d’hotel sur les Champs-Elysées, elle est accusée d’espionnage.
En faisant entendre la voix de Mata Hari, Pauo Coelho nous conte l’histoire inoubliable d’une femme qui paya de sa vie son goût pour la liberté.

A priori…
Cette rencontre a été un coup de foudre total : j’ai vu l’affiche sur un bus (amis du romantisme, bonjour !) un vendredi ; le samedi je courais l’acheter ! Sans la connaître dans ses moindres détails, la figure de Mata Hari m’a toujours beaucoup intriguée, danseuse, espionne, femme fatale… Bref, LA femme dans toute sa splendeur. Cette sortie était donc une merveilleuse occasion pour en apprendre plus, et également pour découvrir Paulo Coelho, dont je n’avais jusqu’alors lu aucun livre, je m’en confesse.

Au fil de la lecture…
Comme tu dois surement t'en rendre compte, je suis bonne spectatrice ; oui, un équilibre entre style clair mais recherché me suffit s’il est joint à une bonne intrigue. Jusque-là, rien de bien compliqué. Ce livre a ces qualités fondamentales, et bien plus encore. Le point de vue est original : le récit est présenté comme le « journal intime » que Mata Hari aurait écrit dans ses dernières heures, le destinant à son avocat, comme une sorte de dernière justification. La première personne, une fois n’est pas coutume, aide à entrer plus que d’ordinaire dans l’histoire : je me suis sentie touchée par ces aveux, comme s’ils étaient adressés à moi. Cette sorte de pénitence aussi, amène à se poser des questions sur le personnage… Mata Hari a-t-elle raison de clamer son innocence ? Peut-être… mais dès le début de son aventure, on voit qu’elle ment comme elle respire. Le doute s’installe, on s’accroche à chaque détails en espérant celui qui fera complètement peser la balance. Mais le doute persiste.
La fin se présente comme une deuxième lettre, cette fois écrite par l’avocat pour sa cliente, avec encore une fonction « d’exutoire », ou d’excuse. Ce qui m’a semblé très intéressant, c’est d’avoir l’impression que cette lettre venait plus de Coelho que de l’avocat… Aveux de fascination, prise de position très forte pour l’innocenter. La fin laisse alors fuiter des problèmes de justice, qui remettent la fin tragique de cette femme dans une toute autre perspective : le coupable, c’est le contexte de guerre.
Un des gros points forts du livre est, sans contexte, la trame historique. On se retrouve plongé dans le Paris du début du XIXè siècle avec une grande exactitude. L’histoire évolue de l’Exposition Universelle à 1917, et on s’y croirait vraiment. Coelho livre un regard très juste des personnages sur leur société, on voit défiler de grands noms, de grands évènements, mais surtout, les questionnements qui vont avec. De la dépréciation de la Tour Eiffel, en passant par l’antisémitisme, les troubles de la société et enfin la guerre, tout y est enchaîné sous la houlette de la grande logique de l’Histoire. Notons, au passage, que Coelho s’est largement documenté sur la vie de Mata Hari et, sans aucun doute, maîtrise aussi très bien l’histoire, ce qui explique le réalisme ambiant.

Citations :
  • Quand nous ne savons pas où la vie nous mène, nous ne sommes jamais perdus. 
  •  [À l’atelier de Picasso] J’y ai vu des choses qui m’ont émerveillée, et d’autres que j’ai tout simplement détestées. Mais n’est-ce pas cela la condition humaine ? Aller d’un extrême à l’autre sans passer par le milieu ?
  •  L’avocat au sujet de Mata Hari] Une femme dont le plus grand péché a été d’avoir un esprit libre dans un monde où les gens sont de plus en plus fermés.

Ce qui m’en restera…
Ce fut une merveilleuse lecture, je n’ai pas pu décrocher, aussitôt commencé j’ai voulu le finir. Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas lu un livre en quelques heures à peine. Coelho a laissé toutes ses sources, j’ai déjà ajouté à ma wishlist une biographie faite par le petit-fils du directeur du tribunal himself ! Très intéressant a priori, parce qu’il a eu accès à tous les dossiers, grâce à son grand père qui dirigeait l’affaire. J’ai donc envie d’en connaître encore plus sur cette mystérieuse femme, mais également sur Coelho. J’aime son style, et j’aime son principe de « légende personnelle ».
Comme quoi les coups de foudre, ça peut durer pour la vie (espérons-le !).

Pour conclure…
  • Les plus : l’Histoire (avec liens de cause à effet), la première personne, la concision qui va à  l’essentiel
  • Les moins : manque un peu de détails sur le procès-même, pousser les accusations (qui n’étaient pas toujours clair, même si on comprend pourquoi) et la défense

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